Vol. 3 No. 12 (2023)
Examens d’une technologie de la santé

Les points de vue et les expériences au sujet de la création de fistules artérioveineuses aux fins d’accès pour l’hémodialyse : examen qualitatif rapide

Publication : December 20, 2023

Messages clés

  • Cet examen porte sur les points de vue et les expériences des adultes atteints d’une insuffisance rénale terminale (les « patients »), de leur famille et de leurs prestataires de soins de santé en ce qui concerne les interventions servant à créer des fistules artérioveineuses (FAV) pour l’hémodialyse, quant à l’accès, à l’offre ou à la prise de décision, ou encore quand vient le temps de subir ou d’effectuer ce type d’intervention, et de s’en rétablir. La FAV, qui relie une artère et une veine aux fins d’accès pour l’hémodialyse, permet à un appareil d’hémodialyse d’accéder au sang du patient. Au total, huit études qualitatives ont été synthétisées.
  • Les patients et les prestataires de soins de santé souhaitent, pour la plupart, procéder par prise de décisions communes au sujet de l’intervention de création de FAV. Les avantages apparents de la prise de décisions communes sont notamment une meilleure connaissance qu’ont les patients de leur état, leur satisfaction, un plus grand sentiment de maitrise et des capacités d’adaptation améliorées. Pourtant, des prestataires de soins de santé continuent parfois de privilégier des stratégies classiques de prise de décisions. Des facteurs contextuels influent sur les stratégies de prise de décisions et sur la possibilité qu’ont les patients d’obtenir ou de refuser une intervention de création de FAV. Ces facteurs sont les valeurs, les croyances et les attitudes, le moment de la décision, de même que les ressources humaines, structurelles, financières et informatives. Les personnes racisées, les personnes en situation d’itinérance ou de pauvreté ou les personnes se heurtant à une barrière linguistique pourraient éprouver des difficultés disproportionnées à participer à une prise de décisions communes rapide et éclairée. Par conséquent, elles pourraient prendre des décisions non éclairées ou subir dans des circonstances traumatisantes ou imprévues une hémodialyse par accès vasculaire non choisie.
  • Les décideurs pourraient envisager de favoriser les décisions communes en en intégrant des critères à la mesure du rendement dans les soins de santé et aux modèles de prise de décisions en vue du remboursement. Ils pourraient aussi songer à fournir des aides à la décision et un accompagnement des prestataires de soins de santé. Enfin, ils pourraient adapter les mesures en fonction de besoins sociaux, financiers et linguistiques particuliers, de façon à favoriser l’accès équitable à une intervention de création de FAV.
  • Au cours du processus décisionnel, les patients soupèsent des facteurs comme la confiance en leur prestataire de soins de santé, les expériences passées, la nature effractive de l’intervention de création de FAV et les résultats attendus de cette intervention. Les craintes des patients de subir une incision, d’éprouver de la douleur ou de connaitre des complications pourraient nuire à leur choix de ce type d’intervention. Des préoccupations au sujet d’une FAV qui fonctionnerait mal ou serait difficile à garder en place, de même que la douleur appréhendée des aiguilles pourraient aussi empêcher les patients de vouloir une FAV. Le risque de saignement et les conséquences de la FAV sur l’apparence sont d’autres préoccupations.
  • Les publications retenues ne contiennent que peu d’information sur les points de vue et les expériences de la création d’une FAV, qu’il soit question de subir ou d’effectuer ce type d’intervention, ou encore de s’en rétablir. Toutefois, certains patients et leur famille portent le fardeau financier et émotionnel de cette intervention au Canada; l’attente prolongée et les chirurgies reportées risquent d’exacerber ce problème. En milieu rural, les personnes doivent se déplacer sur de longues distances pour obtenir des soins et subissent donc davantage ces fardeaux que celles vivant en milieu urbain. De plus, selon une étude, les chirurgiens dirigent souvent le processus décisionnel quant à l’anesthésie associée à l’intervention chirurgicale de création de FAV. Tout en tenant compte des préférences des patients, des prestataires de soins de santé ont l’impression que l’anesthésie locorégionale facilite l’exécution de ces chirurgies, ce qui pourrait améliorer la qualité de la FAV. Cependant, il y a des obstacles à l’anesthésie locorégionale, comme des ressources humaines, financières et temporelles limitées.
  • Enfin, en rétablissement après une intervention de création de FAV, les patients ont déclaré avoir eu des douleurs et des craintes de ne jamais utiliser la FAV. Aucune des études retenues ne fait état explicitement d’expériences d’interventions endovasculaires de création de FAV. Contrairement aux interventions chirurgicales, ces techniques plus récentes peuvent être utilisées en cabinet, sont non effractives et pourraient éviter les cicatrices postopératoires. Il faut davantage d’études pour examiner l’incidence possible des interventions endovasculaires de création de FAV sur l’expérience, les résultats et l’accès à la création de FAV. De nouvelles études sont également nécessaires pour examiner les obstacles systémiques et les obstacles que rencontrent les prestataires de soins de santé dans l’utilisation de l’anesthésie locorégionale.