Les agonistes des opioïdes injectables dans le traitement du trouble lié à l’usage d’opioïdes : un examen actualisé de l’efficacité clinique et du rapport cout/efficacité
Publication : November 26, 2025
Messages clés
À retenir
Le traitement par des agonistes opioïdes injectables (TAOi) pourrait être une option prometteuse chez les personnes ayant un trouble lié à l’usage d’opioïdes (TUO), en particulier dans les cas où le trouble n’a pas répondu au traitement administré par voie orale. D’après les données probantes, ce traitement procurerait des effets bénéfiques en matière d’observance du traitement, une réduction de l’usage d’opioïdes illicites et de cocaïne, de même qu’une réduction des démêlés avec le système de justice pénale, et son profil d’innocuité serait acceptable.
Quelle est la situation?
- Le TUO est un trouble chronique et récidivant caractérisé par un usage problématique d’opioïdes sur une période de 12 mois qui entraine une incapacité ou une détresse importante. Les symptômes qui y sont associés sont notamment la consommation incontrôlée, le besoin impérieux de consommer, l’accoutumance, ainsi que des symptômes de sevrage à la réduction ou à l’arrêt et un usage continu malgré des répercussions négatives sur les plans social, professionnel ou sanitaire.
- Les décisionnaires souhaitent comprendre l’efficacité clinique, l’innocuité et le rapport cout/efficacité du TAOi dans la prise en charge du TUO.
Qu’avons-nous fait?
- Nous avons interrogé des ressources clés, dont des bases de données de références de revues, et avons effectué une recherche ciblée sur Internet pour trouver des données probantes pertinentes publiées depuis 2020.
Qu’avons-nous trouvé?
- Le TAOi, combiné ou non à un agoniste opioïde administré par voie orale, pourrait se révéler plus efficace que les autres traitements (p. ex. un agoniste opioïde oral seul) ou que l’absence de traitement, pour ce qui est de l’observance, la réduction de l’usage d’opioïdes illicites et de cocaïne et la réduction des démêlés avec le système de justice pénale.
- L’hydromorphone injectable administrée sous supervision médicale présente un profil d’innocuité acceptable; seuls de légers évènements indésirables ont été déclarés, et il n’y a pas de différence significative par rapport au placébo.
- Une évaluation économique réalisée en Australie montre qu’un modèle donnant la priorité aux TAOi non supervisés, comportant une faible proportion de personnes recevant un TAOi supervisé, pourrait être rentable. Dans ce contexte, les scénarios reposant sur des TAOi non supervisés ne présentaient pas un bon rapport cout/efficacité.
Qu’est-ce que ça signifie?
- Le TAOi pourrait être une option prometteuse chez les personnes ayant un TUO, en particulier dans les cas où le trouble n’a pas répondu au traitement par un agoniste opioïde administré par voie orale.
- D’après les données probantes, ce traitement procurerait des effets bénéfiques en matière d’observance, une réduction de l’usage d’opioïdes illicites et de cocaïne, de même qu’une réduction des démêlés avec le système de justice pénale, et son profil d’innocuité serait acceptable.
- Les responsables de politiques pourraient envisager des modèles intégrant des TAOi non supervisés ou à domicile afin d’étendre l’accès à des traitements cliniquement efficaces et rentables.
- Il faut tenir compte dans la prise de décisions des limites aux données probantes, comme une déclaration incomplète de résultats, la petite taille des échantillons, l’absence d’évaluation quantifiée du degré de certitude et une faible possibilité de généraliser aux systèmes de santé au Canada.