Vol. 5 No. 11 (2025)
Examens d’une technologie de la santé

L’exactitude diagnostique comparative de la télééchographie asynchrone et de l’échographie en personne

image décorative de la couverture du numéro

Publication : November 20, 2025

Messages clés

Quelle est la situation?

  • Au Canada, l’accès aux services d’échographie reste limité dans de nombreuses régions, moins de 28 % des hôpitaux ruraux disposant d’un appareil d’échographie, ce qui oblige souvent à transférer les patients et patientes vers des centres urbains.
  • En échographie, l’exactitude du diagnostic et de l’interprétation des images repose sur du personnel ayant une formation poussée, le plus souvent des échographistes. Toutefois, au Canada comme dans de nombreux autres pays, il sévit une pénurie d’échographistes de formation, ce qui peut avoir une incidence sur l’accès rapide à des soins.
  • L’échographie, une modalité portable qui ne fait pas appel à l’irradiation, est idéale dans l’imagerie en temps réel des tissus mous, bien que la tomodensitométrie (TDM), l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomographie par émission de positons-TDM (TEP-TDM) soient souvent privilégiées dans les cas plus complexes.
  • La télééchographie a fait son apparition pour répondre à la demande croissante en échographie, en particulier là où les ressources sont limitées.
  • La télééchographie peut être réalisée en temps réel, guidée à distance par l’échographiste, ou les images peuvent être envoyées de manière asynchrone pour interprétation par des spécialistes.
  • La télééchographie peut être pratiquée par des personnes exerçant une profession de la santé qui possèdent peu de formation en échographie, mais avec l’évolution des modèles asynchrones, la comparabilité à l’échographie classique en personne doit faire l’objet d’une évaluation approfondie.

Qu’avons-nous fait?

  • Nous avons reçu une demande sur le recours à la télééchographie asynchrone en soutien à la prise de décisions relatives aux politiques. En réponse, nous avons effectué un examen rapide qui résume et évalue de façon critique les études au sujet de la qualité des soins fournis à l’aide de la télééchographie asynchrone (échographie non supervisée avec interprétation de spécialiste à distance) comparativement au modèle d’échographie classique.
  • Nous avons procédé à une recherche documentaire, limitée aux rapports de langue anglaise publiés depuis 2019, ciblant les études cliniques pertinentes et les lignes directrices fondées sur des données probantes. Une personne responsable de l’examen a passé en revue des articles en fonction de critères d’inclusion prédéfinis, a effectué une évaluation critique des études retenues, a extrait les données utiles et a rédigé un résumé des résultats.

Qu’avons-nous trouvé?

  • Nous avons trouvé 11 études transversales de sélection de cohortes qui portent sur la qualité du traitement (exactitude diagnostique, qualité d’image et acceptabilité) de diverses affections ciblées.
  • Dans l’ensemble, la télééchographie asynchrone est une option de rechange à l’échographie classique en personne, quant à l’évaluation de l’exactitude diagnostique et à la qualité des images, dans le dépistage de certaines affections ciblées.
  • D’après un nombre limité d’études portant sur le critère d’acceptabilité, la télééchographie asynchrone est acceptée par les patients et patientes, de même que par les cliniciens et cliniciennes.
  • Les études de la télééchographie asynchrone portent sur un large éventail d’indications cliniques et de contextes, ce qui met en évidence son rôle grandissant et son potentiel d’application étendue en pratique clinique.
  • Il demeure une incertitude en ce qui concerne un équilibre acceptable entre la spécificité et la sensibilité dans le dépistage de chacune des affections ciblées. L’hétérogénéité des résultats des études, les risques de biais et la quantité limitée de données probantes récentes ont une incidence sur la possibilité d’interpréter l’ensemble des résultats.

Qu’est-ce que ça signifie?

  • La télééchographie asynchrone pourrait améliorer l’accès à l’imagerie diagnostique, en particulier en milieu mal servi ou disposant de peu de ressources, où l’échographie en personne est limitée.
  • Pour une adoption clinique généralisée, il faudrait uniformiser la formation, établir des protocoles procéduraux et des cadres règlementaires garantissant la qualité, la cohérence et l’innocuité, dans tous les contextes.
  • Les données probantes montrent que l’utilisation de la télééchographie asynchrone pourrait être mise en œuvre en pratique clinique, mais la variabilité de la qualité des études, de même que le manque de clarté des normes diagnostiques exigent la prudence dans son utilisation et une évaluation soigneuse dans certains contextes cliniques.
  • D’autres études seront nécessaires pour bien comprendre les résultats relatifs à la santé, pour définir les seuils d’exactitude diagnostique propres à chaque affection (c.-à-d. l’équilibre acceptable entre la sensibilité et la spécificité) et pour examiner l’incidence sur le rendement des systèmes de santé.