Vol. 6 No. 10 (2026): octobre
Examens d’une technologie de la santé

Les stratégies de réduction des retombées environnementales des aérosols-doseurs utilisés dans les laboratoires de physiologie respiratoire

image décorative de la couverture

Publication : 2 octobre 2026

Messages clés

Quelle est la situation

  • Le gaz propulseur utilisé dans les aérosols-doseurs constitue un puissant gaz à effet de serre. Pour des raisons liées à la prévention et au contrôle des infections, de nombreux laboratoires de physiologie respiratoire jettent l’aérosol-doseur après une seule utilisation. Bien que ces appareils contiennent généralement 200 doses, les patients et patientes n’en ont généralement besoin que de 4 lors d’une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR).
  • L’Agence des médicaments du Canada (CDA-AMC) a reçu une demande de recenser les stratégies en place au Canada pour réduire les retombées environnementales des aérosols-doseurs utilisés dans les laboratoires de physiologie respiratoire.

Qu’avons-nous fait?

  • Nous avons procédé à une analyse de l’environnement et organisé 3 tables rondes afin de recenser les stratégies employées au Canada pour réduire les retombées environnementales des aérosols-doseurs utilisés dans les laboratoires de physiologie respiratoire et de recueillir des expériences relatives à la mise en œuvre de ces stratégies.
  • Nous avons effectué un examen rapide afin de résumer et d’évaluer d’un œil critique les données probantes concernant l’innocuité et le rapport cout/efficacité de la réutilisation des aérosols-doseurs par plusieurs patients et patientes, par rapport à une utilisation unique, et de trouver des orientations fondées sur des données probantes concernant la désinfection et la réutilisation des aérosols-doseurs.
  • Nous avons interrogé des ressources clés, dont des bases de données de références de revues, et effectué une recherche ciblée sur Internet des données probantes publiées depuis 2016. Nous avons également mis à jour une liste de références antérieure de CDA-AMC en procédant à une évaluation critique et en synthétisant les nouvelles études ainsi que celles déjà répertoriées.

Qu’avons-nous trouvé?

  • Nous avons recensé 5 publications évaluant des stratégies visant à réduire les retombées environnementales des aérosols-doseurs dans les laboratoires de physiologie respiratoire, ainsi que trois études non randomisées évaluant l’innocuité de la réutilisation des aérosols-doseurs par plusieurs patients et patientes. Nous n’avons recensé aucune évaluation économique ni aucune orientation fondée sur des données probantes répondant à nos critères de sélection pour cet examen.
  • Il en est ressorti trois grandes stratégies : la réutilisation des aérosols-doseurs par plusieurs patients et patientes, le recyclage de ces appareils, ainsi que le fait d’encourager les patients et patientes à apporter leur propre aérosol-doseur à leur évaluation. Ces stratégies pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre de même que les couts, bien que les données probantes à ce sujet soient limitées.
  • La réussite de la mise en œuvre reposait sur des protocoles normalisés, une collaboration avec les équipes de prévention et de contrôle des infections, la formation du personnel, ainsi que le soutien de l’établissement. Parmi les obstacles courants, notons les exigences en matière de prévention et de contrôle des infections, les défis règlementaires et logistiques, des effectifs limités, ainsi que l’accès restreint aux programmes de recyclage.
  • Malgré le peu de données probantes cliniques de haute qualité, l’expérience canadienne montre que la réutilisation des aérosols-doseurs peut être mise en œuvre en toute sécurité lorsqu’elle s’appuie sur des protocoles rigoureux et une collaboration avec les équipes locales de prévention et de contrôle des infections.

Qu’est-ce que ça signifie?

  • Les organismes qui envisagent la réutilisation des aérosols-doseurs par plusieurs patients et patientes pourraient tirer profit de protocoles de désinfection normalisés, de processus de suivi de la dose et de critères de sélection des patients et patientes, en collaboration avec les équipes locales de prévention et de contrôle des infections.
  • Au Canada, il existe un programme de recyclage des aérosols-doseurs largement utilisé. Les programmes de recyclage peuvent contribuer à réduire les retombées environnementales, mais leur mise en œuvre à grande échelle pourrait nécessiter un financement durable et un meilleur accès.
  • Les programmes prévoyant l’utilisation d’un aérosol-doseur personnel pourraient contribuer à la réduction des déchets tout en favorisant l’éducation des patients et patientes. Leur mise en œuvre devrait tenir compte des questions d’équité, des risques de contamination, ainsi que de la nécessité de maintenir un stock d’aérosols-doseurs dans l’établissement.
  • Les décisionnaires devront peut-être trouver un équilibre entre l’urgence de réduire les répercussions environnementales et le peu de données probantes cliniques publiées concernant l’innocuité de la réutilisation des aérosols-doseurs d’une personne à l’autre. Les données probantes expérientielles peuvent complémenter les données probantes cliniques disponibles, et apporter un autre éclairage sur la faisabilité et l’innocuité de ces pratiques. Une évaluation prospective des initiatives de durabilité peut renforcer davantage la base de données tout en favorisant l’amélioration continue de la qualité.