Recommandations en vue du remboursement
Messages clés
- L’Agence des médicaments du Canada (CDA-AMC) recommande aux régimes d’assurance médicaments publics de rembourser Maviret dans le traitement d’une infection aigüe ou chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) chez l’adulte et l’enfant de trois ans ou plus et pesant au moins 12 kg, sous réserve de certaines conditions.
- Le Comité canadien d’expertise sur les médicaments (CCEM) est d’avis qu’il n’est pas certain que Maviret présente une utilité clinique acceptable dans le traitement d’une infection aigüe par le VHC. D’après les données probantes issues d’un essai clinique, le traitement par Maviret, administré pendant huit semaines, entraine une importante réponse, sans échec ni rechute, après un traitement de l’infection aigüe par le VHC chez l’adulte. Cependant, comme le traitement n’a pas été comparé à d’autres interventions ou à un placébo, les données probantes sont teintées d’une forte incertitude. Les données probantes présentent d’autres incertitudes, comme la proportion de patients et patientes chez qui on aurait observé une rémission spontanée si on ne leur avait pas administré Maviret. Malgré tout, selon l’avis expert des cliniciennes et cliniciens, les données probantes tirées des résultats révèlent clairement l’efficacité du médicament, car la clairance du VHC 12 semaines après l’administration de la dernière dose était beaucoup plus élevée que la valeur attendue sans traitement. Ils ont également noté que ces effets indésirables correspondaient à ceux observés lors de l’utilisation du Maviret dans le traitement d’une infection chronique par le VHC.
- Le CCEM estime qu’il existe un important besoin à combler chez les patients et patientes ayant une infection aigüe par le VHC et dans l’ensemble de la population exposée à la contagion. Actuellement, il n’y a aucun traitement remboursé dans l’indication approuvée d’infection aigüe par le VHC; il faut donc attendre que l’infection par le VHC devienne chronique avant d’obtenir un traitement. L’état de santé peut se détériorer en attendant que l’infection aigüe devienne chronique et il peut en découler une hépatopathie, maladie débilitante associée à une hausse de la mortalité. En outre, cette attente favorise la transmission du virus à d’autres personnes à un moment où la maladie est contagieuse au plus haut degré. Le CCEM souligne les difficultés d’ordre éthique et pratique associées aux essais comparatifs où certains sous-groupes ne reçoivent pas de traitement, et où la guérison pourrait donc être retardée, ce qui signifie qu’il est peu probable que des essais de ce type soient réalisés.
- À la lumière de ces considérations, le CCEM conclut que le traitement par Maviret pourrait répondre à un important besoin clinique non comblé dans une mesure justifiant une recommandation favorable, malgré les incertitudes quant à son utilité clinique.
- Maviret ne doit être remboursé que dans le traitement d’une infection aigüe par le VHC chez l’adulte et l’enfant de trois ans ou plus et pesant au moins 12 kg, conformément à l’indication de Santé Canada.
- Maviret ne doit être remboursé que chez l’adulte dont le résultat est positif au test de taux d’acide ribonucléique du VHC et qui n’a pas reçu de traitement d’une infection par le VHC en cours. Après l’instauration, le traitement ne doit pas durer plus de huit semaines.
- Maviret doit être prescrit par des médecins en pratique clinique ayant une expertise dans le diagnostic et la prise en charge de l’infection par le VHC, s’il n’est pas combiné à un autre antiviral dans le traitement de l’infection par le VHC et si son cout par cycle de traitement ne dépasse pas celui du cycle de traitement par antiviral à action directe le moins cher remboursé dans le cadre d’une infection par le VHC. D’importants éléments budgétaires doivent être pris en compte pour que les systèmes de santé puissent adopter Maviret.