Vol. 6 No. 2 (2026)
Recommandations en vue du remboursement
image décorative de la couverture

Publication : 19 février 2026

Messages clés

  • L’Agence des médicaments du Canada (CDA-AMC) recommande aux régimes d’assurance médicaments publics de ne pas rembourser Loqtorzi dans le traitement du carcinome nasopharyngé (CNP) récidivant, non résécable ou métastatique chez l’adulte dont la maladie a progressé pendant ou après une chimiothérapie à base de sels de platine.
  • Le Comité d’experts en examen du Programme pancanadien d’évaluation des anticancéreux (CEEP) conclut que Loqtorzi ne présente pas une utilité clinique acceptable par rapport aux comparateurs appropriés, comme des médicaments chimiothérapeutiques, chez les personnes ayant déjà reçu un traitement du CNP. Comme on s’attend à ce que Loqtorzi constitue une option de rechange à la chimiothérapie, son utilité clinique acceptable doit être au moins semblable à celle de médicaments en usage au Canada comme la capécitabine, les taxanes ou le carboplatine.
  • Le Comité a examiné un essai de phase II (POLARIS-02); cependant, cet essai, qui ne compare pas Loqtorzi à d’autres médicaments, ne permet pas de montrer que le traitement entraine des bénéfices cliniques semblables ou supérieurs à ceux d’autres traitements. Dans cet essai, les patients et patientes ayant reçu un traitement par Loqtorzi ont vu leur cancer s’aggraver dans un délai médian de 1,9 mois et ont survécu pendant une durée médiane de 15,7 mois. En outre, la tumeur a régressé chez 20,9 % des patients et patientes, une réponse d’une durée médiane de 14,9 mois. La qualité de vie liée à la santé, importante aux yeux des patients et patientes, n’a pas fait l’objet d’une évaluation dans le cadre de cet essai.
  • La principale limite de l’essai est l’absence de comparaison de Loqtorzi avec d’autres médicaments; ainsi, on ne peut tirer de conclusion sur l’utilité clinique relative de Loqtorzi par rapport aux médicaments habituellement prescrits dans la population visée. En outre, aucune comparaison de traitements indirecte n’a été présentée pour fournir de l’information sur l’efficacité ou l’innocuité de Loqtorzi comparativement à d’autres médicaments. En l’absence de données probantes comparatives, le Comité ne peut conclure que Loqtorzi présente une utilité clinique chez les patients et patientes ayant déjà reçu un traitement.
  • Le Comité a cherché à déterminer si le médicament répondrait à d’importants besoins, cliniques ou autres, non comblés. Le Comité reconnait donc qu’il existe un besoin de disposer d’autres traitements dans le contexte d’un cancer agressif, et des besoins de soutien chez les patients, les patientes et les personnes aidantes, en particulier au sein de groupes mal desservis. Toutefois, le comité n’estime pas que Loqtorzi pourrait combler ces besoins avec un degré de certitude acceptable. Compte tenu des points précédents, le CEEP recommande de ne pas rembourser Loqtorzi.